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Une fois l'enceinte terminée, on doit à l'intérieur s'occuper de l'emplacement des maisons, et de l'alignement des grandes rues et des petites, suivant l'aspect du ciel.
Les dispositions seront bien faites, si l'on a eu soin d'empêcher que les vents n'enfilent les rues : s'ils sont froids, ils blessent ; s'ils sont chauds, ils corrompent ; s'ils sont humides, ils nuisent. Aussi faut-il se mettre à l'abri de ces inconvénients, et éviter avec soin ce qui arrive ordinairement dans plusieurs villes. Mitylène est une ville de l'île de Lesbos ; les bâtiments en sont élégants et magnifiques, mais ils n'ont point été disposés avec réflexion.
Le souffle de l'auster y cause des fièvres, et celui du corus, des rhumes. Celui du nord guérit, il est vrai, de ces maladies ; mais il est si froid qu'il n'est pas possible, quand il se fait sentir, de rester dans les grandes rues ni dans les petites.
Or, le vent est un courant d'air dont l'agitation irrégulière cause un flux et un reflux. Il est produit par la chaleur qui agit sur l'humidité, et dont l'action impétueuse en fait sortir le souffle du vent : ce qui peut se vérifier à l?'aide des éolipyles d'airain dont l'ingénieuse découverte fait pénétrer la lumière dans les secrets que la nature semblait avoir réservés aux dieux.
Les éolipyles, qui sont des boules creuses faites d'airain, n'ont qu'une petite ouverture par laquelle on introduit de l'eau. On les place devant le feu.
Avant d'être échauffés, ils ne laissent échapper aucun air ; mais ils n'ont pas plutôt éprouvé l'action de la chaleur, qu'ils lancent vers le feu un vent impétueux. Cette expérience, si simple et si courte, nous met à même de connaître et d'apprécier les causes si grandes et si extraordinaires des vents et de l'air.
Qu'un lieu soit mis à l'abri des vents, non seulement les personnes qui se portent bien y conserveront une santé parfaite, mais encore celles qui, même dans d'autres endroits sains, ne trouvent pas dans les secours de la médecine de remède à des maladies qu'elles doivent à des causés étrangères aux vents, s'y guériront promptement, grâce à l'abri qu'elles y rencontreront.
Les maladies dont la guérison est difficile dans les lieux dont il est parlé plus haut, sont les rhumes, la goutte, la toux, la pleurésie, la phtisie, l'hémoptysie, et les autres indispositions qui, pour guérir, ont moins besoin de débilitants que de toniques, La difficulté de traiter ces maladies vient d'abord de ce qu'elles sont causées par le froid, et ensuite de ce que sur des forces déjà épuisées par la maladie viennent agir les effets d'un air qui, raréfié par l'agitation des vents, exprime, pour ainsi dire, les sucs des corps malades, et les exténue de plus en plus ; au lieu qu'un air doux et d'une densité convenable, sans agitation, sans flux ni reflux, redonnant des forces aux membres par son calme et son immobilité, nourrit et rétablit ceux qui sont atteints de ces maladies.